1er avril : un jour férié selon le Code du travail ? La réponse officielle
Chaque année, à l’approche du mois d’avril, une interrogation revient chez les salariés français : le 1er avril est-il un jour férié ? La tradition du Poisson d’avril entretient un flou autour de cette date, mais le Code du travail est catégorique. Pour connaître le statut exact du 1er avril, il est indispensable de se référer à la liste officielle des jours fériés en France.
En France métropolitaine, la législation du travail reconnaît onze fêtes légales : le 1er janvier (Jour de l’An), le lundi de Pâques, le 1er mai (Fête du Travail), le 8 mai (Victoire 1945), le jeudi de l’Ascension, le lundi de Pentecôte, le 14 juillet (Fête nationale), le 15 août (Assomption), le 1er novembre (Toussaint), le 11 novembre (Armistice 1918) et le 25 décembre (Noël). Le 1er avril n’y figure pas. Cette liste est limitative : aucun texte officiel n’ajoute cette date au calendrier des jours fériés légaux. Ainsi, le 1er avril est un jour ouvrable ordinaire, soumis aux règles travail normales.
Le cas particulier du 1er mai : seul jour férié obligatoirement chômé
Pour bien comprendre le statut du 1er avril, il faut distinguer les jours fériés entre eux. Tous ne se valent pas. Le Code du travail prévoit que seul le 1er mai est un jour férié obligatoirement chômé pour tous les salariés, sans condition d’ancienneté. Pour les autres dates, comme le lundi de Pâques ou le 14 juillet, le repos n’est pas automatique. Il dépend des accords collectifs, de la convention collective ou d’une décision de l’employeur. Cela signifie que, même pour un jour férié figurant dans la liste officielle, un salarié peut être amené à travailler ce jour-là, sauf disposition contraire.
Dans ce contexte, le 1er avril n’a aucune protection légale spécifique. Un salarié qui s’absenterait sans autorisation ce jour-là s’exposerait à une absence injustifiée, pouvant entraîner une retenue sur salaire ou une sanction disciplinaire. Pour bénéficier d’un repos le 1er avril, il faut poser un congé payé, un jour de RTT ou négocier un aménagement avec l’employeur. Les règles travail sont ici les mêmes que pour n’importe quel autre jour non férié.
Tableau récapitulatif : statut des jours fériés selon le Code du travail
| Date | Jour férié légal | Obligatoirement chômé | Rémunération si chômé |
|---|---|---|---|
| 1er janvier | Oui | Non (sauf accord) | Maintien possible sous conditions |
| Lundi de Pâques | Oui | Non (sauf accord) | Maintien possible sous conditions |
| 1er mai | Oui | Oui (obligatoire) | Oui, intégralement |
| 8 mai | Oui | Non (sauf accord) | Maintien possible sous conditions |
| Ascension | Oui | Non (sauf accord) | Maintien possible sous conditions |
| Lundi de Pentecôte | Oui | Non (sauf accord) | Maintien possible sous conditions |
| 14 juillet | Oui | Non (sauf accord) | Maintien possible sous conditions |
| 15 août | Oui | Non (sauf accord) | Maintien possible sous conditions |
| 1er novembre | Oui | Non (sauf accord) | Maintien possible sous conditions |
| 11 novembre | Oui | Non (sauf accord) | Maintien possible sous conditions |
| 25 décembre | Oui | Non (sauf accord) | Maintien possible sous conditions |
| 1er avril | Non | Non | Absence non justifiée |
Quand le 1er avril coïncide avec un jour férié : le cas du lundi de Pâques
Il existe une seule situation où le 1er avril peut être considéré comme jour férié : lorsque cette date tombe un lundi de Pâques. Le lundi de Pâques est l’un des jours fériés légaux officiels. Cette coïncidence calendaire survient certaines années, comme en 2013 ou en 2024. Dans ce cas précis, le 1er avril est férié, non pas en raison de la date elle-même, mais parce qu’il correspond au lundi de Pâques. La législation du travail s’applique alors comme pour tout autre jour férié : le repos n’est pas obligatoire (sauf si l’entreprise le prévoit), mais s’il est accordé, le salaire est maintenu pour les salariés justifiant d’au moins trois mois d’ancienneté.
En dehors de cette exception, le 1er avril n’est jamais un jour férié. Même dans les régions bénéficiant de jours fériés locaux supplémentaires (Alsace-Moselle, Outre-mer), aucune disposition n’institue le 1er avril comme chômé. Les règles travail restent donc inchangées.
Impact du statut du 1er avril sur la paie et les droits des salariés
Le fait que le 1er avril ne soit pas un jour férié a des conséquences directes sur la rémunération et la gestion du personnel. En l’absence de statut particulier, ce jour est traité comme un jour ouvrable classique. Aucune majoration de salaire n’est due pour le travail jour férié ce jour-là, contrairement au 1er mai qui, s’il est travaillé, doit être payé double. Si un salarié souhaite s’absenter, il doit poser un congé ou utiliser ses droits à RTT. L’employeur n’a aucune obligation de fournir un repos.
À l’inverse, si le 1er avril est chômé sans être férié (décision unilatérale de l’employeur ou accord collectif), les jours travaillés perdus ne donnent pas lieu à récupération. Le Code du travail prévoit que les heures non effectuées suite à un chômage d’un jour non férié ne peuvent pas être récupérées ultérieurement, sauf accord spécifique. Le salarié doit également justifier d’au moins trois mois d’ancienneté pour prétendre au maintien de salaire si l’employeur décide de chômer la journée. Les règles travail applicables sont donc celles du droit commun.
Liste des éléments à vérifier pour un 1er avril au travail
- Consulter la convention collective de son secteur pour savoir si elle prévoit un jour de repos spécifique le 1er avril.
- Vérifier l’absence d’un usage d’entreprise ou d’un accord d’établissement accordant un pont ou un jour chômé.
- Se renseigner sur la date du lundi de Pâques de l’année en cours pour anticiper une éventuelle coïncidence.
- Prévoir si nécessaire une demande de congé payé ou de RTT pour s’absenter le 1er avril.
- Être attentif aux éventuelles majorations salariales prévues par accord collectif pour le travail jour férié, bien que cela ne concerne pas le 1er avril.
La législation du travail française est claire : le 1er avril n’est pas un jour férié et ne bénéficie d’aucune protection particulière. Les salariés et employeurs doivent donc appliquer les règles travail habituelles, en tenant compte uniquement des éventuelles dispositions conventionnelles ou des coïncidences calendaires exceptionnelles. Une bonne connaissance du Code du travail permet d’éviter les erreurs de gestion et les malentendus entre collaborateurs et direction.

Eva Gilles dirige la rédaction depuis sa création. Diplômée en économie appliquée à Paris-Dauphine, titulaire du certificat AMF, elle a couvert pendant près de quinze ans l’actualité bancaire et patrimoniale dans la presse économique française avant de fonder SMIC NET