En France, le salaire minimum légal applicable aux salariés de moins de 18 ans est encadré par le Code du travail et prend la forme d’un Smic minoré, communément appelé Smic mineur. Cette disposition permet à l’employeur, sous conditions strictes, de réduire la rémunération horaire par rapport au Smic normal. Depuis le 1er juin 2026, le Smic horaire brut pour un adulte s’élève à 12,31 €, soit 1 867,02 € brut mensuel pour 35 heures. Pour les jeunes travailleurs, des abattements légaux sont possibles, mais ils ne sont ni automatiques ni permanents.
Smic mineur 2026 : montants détaillés selon l’âge
Le montant du Smic mineur dépend de l’âge du salarié et de son expérience professionnelle dans la branche concernée. Jusqu’à 17 ans, l’abattement peut atteindre 20 % du Smic normal ; à 17 ans révolus, il est limité à 10 %. À partir de 18 ans, le jeune perçoit le Smic plein, sans minoration.
| Âge du salarié | % du Smic | Brut horaire | Net horaire estimé | Brut mensuel (35h) | Net mensuel estimé |
|---|---|---|---|---|---|
| Moins de 17 ans | 80 % | 9,85 € | 7,79 € | 1 493,62 € | 1 182,34 € |
| 17 ans | 90 % | 11,08 € | 8,77 € | 1 680,32 € | 1 330,14 € |
| 18 ans et plus | 100 % | 12,31 € | 9,74 € | 1 867,02 € | 1 477,93 € |
Ces montants s’appliquent uniquement durant les six premiers mois de pratique professionnelle dans la branche d’activité. Passé ce délai, ou dès que le salarié atteint 18 ans, l’abattement cesse et le Smic complet doit être versé.
Conditions d’application du Smic minoré pour les moins de 18 ans
L’employeur peut appliquer l’abattement, mais il n’y est pas obligé. Il peut choisir de rémunérer le mineur au Smic plein dès l’embauche. En revanche, il ne peut jamais descendre en dessous des seuils légaux fixés par l’article D.3231-3 du Code du travail. Voici les conditions essentielles à respecter :
- Âge : le salarié doit avoir moins de 18 ans pour que la minoration soit autorisée.
- Expérience : le jeune ne doit pas justifier de six mois de pratique professionnelle dans la même branche d’activité. Une fois cette ancienneté acquise, le Smic plein devient obligatoire.
- Conventions collectives : si un accord de branche ou d’entreprise prévoit un salaire minimum supérieur au Smic mineur, ces dispositions plus favorables priment.
- Contrôle : en cas d’inspection du travail, l’employeur doit prouver que le mineur remplit bien les conditions (âge et ancienneté) pour bénéficier du taux réduit.
- Sanctions : toute infraction expose l’employeur à une amende de 1 500 € par salarié concerné, sans préjudice d’éventuels dommages et intérêts.
Ces règles protègent les jeunes travailleurs tout en offrant une certaine souplesse aux employeurs, notamment pour les premiers emplois saisonniers ou les contrats courts. Par exemple, un étudiant de 16 ans embauché dans un restaurant pour l’été peut être payé à 80 % du Smic pendant ses deux premiers mois, mais dès qu’il cumule six mois de travail dans le secteur, son salaire doit passer à 100 %.
Cas particuliers : apprentissage et contrat de professionnalisation
Les jeunes en alternance, qu’il s’agisse d’un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation, relèvent de barèmes spécifiques distincts du Smic mineur classique. Leur rémunération est calculée en pourcentage du Smic mais peut être inférieure aux seuils précédents, car ces contrats intègrent une dimension formative.
Apprentis de moins de 18 ans
Un apprenti de 16‑17 ans perçoit un salaire basé sur un pourcentage du Smic qui augmente avec l’année d’exécution du contrat. Depuis le 1er juin 2026, les taux sont les suivants : 27 % la première année (environ 504,10 € brut par mois), 39 % la deuxième année (728,14 €) et 55 % la troisième année (1 026,86 €). Ces montants sont inférieurs au Smic mineur standard, car l’objectif premier est la formation. L’employeur peut néanmoins verser davantage si la convention collective le prévoit.
Contrats de professionnalisation
Pour les mineurs en contrat de professionnalisation, la rémunération varie selon l’âge et le niveau de qualification. Un jeune de moins de 18 ans sans qualification touche au minimum 55 % du Smic. Ce taux peut atteindre 65 % pour un mineur plus qualifié ou proche de ses 18 ans. Comme pour l’apprentissage, ces pourcentages sont inférieurs au Smic mineur standard, mais garantissent un socle minimal tout en accompagnant la montée en compétences.
Questions pratiques sur le Smic des mineurs en 2026
Les employeurs et les jeunes travailleurs s’interrogent souvent sur l’application concrète de ces règles. Par exemple, un mineur de 16 ans embauché pour un job d’été voit son salaire horaire brut s’établir à 9,85 € (80 % du Smic), tant qu’il n’a pas six mois d’expérience dans le secteur. À 17 ans, ce taux passe à 90 % (11,08 €/h). Dès le jour de ses 18 ans, l’abattement disparaît, même s’il n’a pas encore six mois d’ancienneté.
Un autre point important concerne la législation sur le travail des mineurs : ceux-ci ne sont pas éligibles à la prime d’activité, réservée aux 18 ans et plus. En revanche, ils bénéficient d’une protection renforcée sur la durée du travail et les horaires de nuit. L’ensemble de ces dispositions vise à concilier insertion professionnelle et droits des travailleurs les plus jeunes.
En pratique, un employeur qui souhaite appliquer le Smic minoré doit conserver une trace de l’âge du salarié et de son ancienneté dans la branche. Si un contrôle révèle une infraction, le salaire est revalorisé rétroactivement, avec des rappels de salaire à verser. Mieux vaut donc vérifier les conventions collectives applicables avant d’embaucher un mineur.

Eva Gilles dirige la rédaction depuis sa création. Diplômée en économie appliquée à Paris-Dauphine, titulaire du certificat AMF, elle a couvert pendant près de quinze ans l’actualité bancaire et patrimoniale dans la presse économique française avant de fonder SMIC NET
2 commentaires
Intéressant, mais 9,85€ brut pour un mineur, c’est vraiment peu, non ?
Intéressant pour les jeunes en apprentissage, mais attention aux abus possibles sur les salaires minorés.